Un mappeur sachant mapper !

 Un mappeur sachant mapper !

Vous êtes nombreux à nous demander comment nous arrivons à proposer une telle qualité de parcours. Nous avons voulu lever un coin du voile sur nos secrets industriels en organisant cette rencontre avec Alex V., l'homme qui se cache derrière ces traces magiques qui font la beauté du Classics Challenge et son côté vraiment unique.

 

Salut Alex, tu es un garçon du genre discret, peu de membres du Classics Challenge te connaissent, est-ce que tu accepterais de nous dire quelques mots sur toi ?

 

Salut à tous, j'habite Paris depuis 20 ans, à Levallois plus précisément. Quelques jobs dans des grosses boîtes, puis des formations (mécanique vélo, chocolaterie). En ce moment, je suis en freelance. En parallèle, je suis passionné de vélo, comme certainement tous les membres du Classics Challenge. Je vois le vélo avant tout comme un "outil" de liberté, un moyen pour décompresser, se défier, partir à l'aventure. Je roule en vélo depuis tout petit, plus assidûment depuis 10 ans en Région parisienne et un peu ailleurs (vélo de route essentiellement). Tout ce que j'ai pu emmagasiner comme connaissances en matière de tracés et de découvertes lors de mes sorties en vélo, je le partage un peu aujourd'hui sur les Classics Challenge.

 

La beauté et le plaisir sont des valeurs assez relatives. Pour ce qui te concerne, c'est quoi un beau parcours et qu'est-ce qu'il faut comme ingrédients ?

 

Je dirais que c'est éviter autant que possible la circulation, et à Paris et en banlieue ce n'est pas forcément chose aisée. En fait, un beau parcours doit s'apparenter à de l'exploration, que ce soit en ville ou dans la campagne, sans s’engager dans des sens interdits ou voies cyclables à contre-sens - sauf  quand on ne peut vraiment pas faire autrement (rires) -, quitte à ce qu'au final ce soit moins roulant, encore que... Un beau parcours ça doit être un minimum de stress pour que ce soit un maximum profitable niveau sensations sportives voire sensations tout cours. Cela vaut pour les simples déplacements comme pour les sorties longues et sportives. Pour résumer, un beau parcours doit allier exploration, sécurité, et évasion. Un sentiment de liberté en somme, et du plaisir surtout entre soi et sa machine...


 

Sans révéler tous tes secrets, est-ce que tu peux nous dire comment tu t'y prends pour tracer les maps du Classics Challenge ?

Tracer des maps comme celles-ci prend beaucoup de temps. C'est loin d'être un travail anodin, la difficulté étant aussi de diversifier les sorties de Paris pour rendre chaque Classic aussi unique que possible. Et puis tous les parcours font l'objet de plusieurs reconnaissance à vélo qui sont indispensables car les routes sont en évolution permanente : travaux, état de la chaussée, etc.   

 

Pour ce qui concerne les maps, je m'appuie sur plusieurs systèmes de cartes en libre accès sur le web, que je croise afin d'observer, repérer, tracer, vérifier, modifier les axes qui me paraissent pertinents. J'essaie toujours de privilégier les routes communales ou petites départementales, des voies oubliées, tous ces axes (parfois cachés) propres à observer un territoire autrement, à rouler suffisamment détendu(e). Croiser Strava avec StreetView est incontournable dans le travail de vérification. Bien avant Google, il existait déjà des travaux extrêmement bien faits en France en matière de cartographie, la différence étant que leur accès en ligne a été optimisé plus tardivement. Aujourd'hui, je me base à jeu égal sur le "Made in France" et l'expertise de nos ingénieurs et géographes pour le repérage des traces (étape de travail la plus importante), et Google et Strava pour la vérification, le traçage et le partage.

 

En tout cas je suis ravi que le Classics Challenge bénéficie de ce travail. Les retours des participants sur Strava et les autres réseaux sociaux sont fantastiques et aussi très instructifs. C'est principalement à eux que je pense en élaborant ces maps.

 


Quels conseils pourrais-tu donner à nos membres pour progresser dans leurs maps... et peut-être aussi les erreurs à ne pas faire ?

Prendre le temps tout simplement. Il faut savoir jongler aisément entre les systèmes de cartes et leur utilisation respective. Sauvegarder son travail régulièrement est aussi important car on peut vite s'arracher les cheveux... Privilégiez autant que possible le côté évasion et immersif dans vos tracés, pour plus de plaisir à rouler, plus d'exploration, plus de notion voyage dans vos sorties. Une forêt semble faire obstacle sur votre parcours ? Au lieu de la contourner et de vous retrouver sur des axes passants, n'y a t-il pas un passage forestier praticable ? Allez à la pêche aux informations. En ville, c'est limite un jeu, créez votre "fil d'Ariane", sans négliger votre sécurité. Dernière chose : en solo ou en groupe, adaptez vos tracés. On ne fait évidemment pas passer 1000 cyclistes au même endroit qu'un groupe de 15 potes. Seul(e) tout est permis ! En résumé, la voirie en France (et dans ses grandes villes) est dense, multiple, inédite et étonnante. L'exploiter au mieux c'est un peu se réapproprier son territoire, mieux le connaître et l'apprécier, se lancer dans des expériences cyclistes exclusives, et puis c'est enrichissant culturellement. 

 

Et pour le #cc05 alors, on va où ?

Ah ah ! C'est à vous de nous dire ! En tout cas, quelque chose me dit que ça va pétiller...

 

 

Propos recueillis par François Paoletti

Photos Alex V. et Sophie Gateau

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