Ouvrir la voie

 Ouvrir la voie

Par Mathias Riquier, membre du Classics Challenge et animateur du festival Sans les Mains, premier festival des cultures vélo à Paris

 

On va se l'avouer dès le début : l'exploration, au sens le plus strict du terme, n'est pas franchement un corps de métier en plein boom en Île-de-France, le boulot est fait depuis quelques centaines d'années. Pourquoi ai-je quand même l'impression de débroussailler quelque chose de chouette avec mes compagnons de route en cette glaciale matinée de février ? Probablement parce qu’explorer, à notre époque et à vélo, c’est aussi aller chercher l’inconnu en soi-même.

 

Chaque reconnaissance du Classics Challenge est primordiale : comment proposer les meilleures communales du pourtour parisien sinon ? Passée la première heure à batailler contre les tentacules de la mégalopole, je comprends assez vite pourquoi j’ai la chance d’être là : déjà, parce que bon, j’ai été invité à un moment VIP de premier ordre (mes excuses aux listés des soirées du Baron, mais là, on parle de jauge qui se compte sur les doigts d’une main). Et ensuite, parce que - j’espère - je participe un tout petit peu, par mes trajectoires approximatives dans les virages mais aussi par mes commentaires acerbes à la team organisatrice (“il est quand, ce foutu premier café ?”), à la qualité de ce qui sera arpenté quelques semaines plus tard par quelques 300 paires de roues.

 

On ne va pas spoiler le nombre de kilomètres, le D+ ni la destination, mais disons que j’ai pas chômé en ce jour de reconnaissance de parcours. Les deux avions qui servent d’organisateurs ont leur tempo, et ça piquait un peu pour une reprise de saison. Mais là n’est pas l’essentiel : j’ai l’impression d’avoir ouvert une voie. Et vous verrez ma mine réjouie lors du départ officiel, parce qu’on ne refait jamais deux fois le même trajet dans notre vie, d’autant plus lorsque la trace GPX est bonne (bonne, bonne…).

 

Photo Romain Bauvillard

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